Dr ROGER ETOA - COMMENT PREVENIR LES AVC AU CAMEROUN?

Dr ROGER ETOA - COMMENT PREVENIR LES AVC AU CAMEROUN?

Le cas "Song" n'est pas le 1er AVC enregistré au Cameroun, mais peut-être le catalyseur de la prise de conscience sur ce tueur silencieux qui prend de l'ampleur depuis une vingtaine d'années. Alors depuis on lit un peu de tout sur les réseaux sociaux à propos de cette maladie. Chacun y va de son astuce pour prévenir et même guérir cette maladie. J'ai même lu quelque part qu'en cas d'AVC il fallait se faire piquer et saigner par une aiguille chauffée pour soigner un AVC. Pour ne pas laisser prospérer ce type de rumeur, nous allons vous énoncer quelques principes généraux de prévention de ces AVC.

POURQUOI TROP D'AVC?

Les AVC iront toujours de manière croissante au Cameroun parce que les modes de vie ont changé. L'urbanisation galopante et l'amélioration du niveau de vie des camerounais (comparée à il y a quelques décennies) a bouleversé les habitudes de vie. L'alimentation qui a l'époque était moins salée, plus riche en fibres, et matières naturelles (féculents, fruits et légumes du village) a laissé la place à une nutrition urbaine riche en matière grasse, très salée et même d'OGM (je vois souvent des gens finir 4 morceaux de porc avec une bouteille d'un litre et demi de boisson gazeuse lors d'une soirée! lol) et espaces verts et les aires de jeux disparaissent peu à peu de nos centres urbains. La vie de nos grands-parents qui était faite de travaux champêtres et de longues marches à pied a été remplacée chez nous par la vie des bureaux et des moyens de transport qui nous prennent presque au pied de nos maisons pour nous ramener au pied de nos bureaux. La qualité de l'air et de l'eau s'est détériorée. Douala par exemple est une ville quasiment suffocante. Le stress et les inquiétudes sur le futur sont chez nous très constants. Je vois souvent certains de mes amis qui ont 4 cotisations mensuelles de 300.000 FCFA alors que leur salaire n'excède pas 200.000 FCFA!

COMMENT PREVENIR LES AVC?

En santé publique, pour un problème de santé ou pour une maladie donnée, on a 3 niveaux de prévention:
1. La prévention PRIMAIRE qui vise à combattre les facteurs de risque d'une maladie
2. La prévention SECONDAIRE qui vise à dépister précocement les cas d'une maladie
3. La prévention TERTIAIRE qui vise à traiter, réhabiliter et réinsérer dans la société les personnes souffrant d'une maladie. 

Par exemple en ce qui concerne le VIH/SIDA,
- La prévention primaire visera à favoriser le port systématique du préservatif, à encourager l'abstinence ou la fidélité a un partenaire;
- La prévention secondaire visera à encourager le dépistage précoce (individuel ou sous forme de campagne) des cas de VIH/SIDA
- La prévention tertiaire visera à traiter les cas de séropositivité et lutter contre la stigmatisation et la discrimination 

Et les AVC alors?
Parce que chaque personne n'a pas le même niveau d'exposition aux AVC, on respectera donc toujours les 3 niveaux de prévention ou chacun peut se reconnaitre
- La prévention primaire visera à combattre les facteurs de risque cardiovasculaires tels que le tabagisme, l'alcoolisme, la sédentarité (absence d'activité physique minimale), la consommation excessive de sel, le stress, etc...
- La prévention secondaire visera à dépister précocement les maladies cardiovasculaires tels que l'HYPERTENSION ARTERIELLE, le DIABETE, les DYSLIPIDEMIES, etc... A partir de 30 ans, a défaut de consulter un cardiologue au moins une fois par an, voire un médecin généraliste ou même un infirmier pour des examens basiques tels que la TENSION ARTERIELLE, la GLYCEMIE (taux de sucre dans le sang), le profil lipidique (examen du cholestérol). Si vous avez la chance de voir un cardiologue ou un diabétologue, il pourra ajouter d'autres examens.
- La prévention tertiaire concerne les personnes ayant déjà été victimes d'AVC. Il faut bien prendre son traitement de suivi (parce qu'il y a toujours fort risque de récidive a après un premier AVC), lutter contre le stress, avoir une bonne diététique, prendre des dispositions pour les urgences (numéro du médecin traitant, de l'ambulance, de proches soutiens,), former ses proches aux 1ers secours, si possible acquérir un défibrillateur à domicile, suivre sa rééducation et reprendre (si possible le travail) a un poste moins stressant (Si possible demander une mutation professionnelle).
Certains experts de santé publique parlent même de "PREVENTION PRIMORDIALE". Elle vise à combattre les "facteurs de facteurs de risque". En fait il s'agit de l'éducation des bonnes Habitudes alimentaires et de l'hygiène de vie dès l'enfance!
 

Roger Etoa (MD, MPH) - Expert Technique en Thérapie AntiRétrovirale (TARV)

https://www.linkedin.com/in/roger-etoa-md-mph-5aa91254