Entretien avec Gael Ngayou, écrivain Camerounais

Entretien avec Gael Ngayou, écrivain Camerounais

Le CIRICS est allé à la rencontre de Gael, jeune écrivain  camerounais qui pense que la diaspora camerounaise á un rôle important à jouer dans le développement du Cameroun.

CIRICS : Vous êtes auteur de deux ouvrages, de quoi parlez-vous dans ces livres ?

GAEL NGAYOU : Merci de me donner l’opportunité de m’exprimer et surtout d’évoquer mes deux premières parutions littéraires qui s’intitulent Le défaitisme des jeunes Camerounais et Terre promise. Le premier est un essai qui comme son titre l’indique, traite du défaitisme, du découragement, du laisser-aller des Camerounais. Surtout des jeunes camerounais. Je pense à travers cet ouvrage que le développement du Cameroun passera automatiquement ou alors obligatoirement par une action ou un engagement de sa jeunesse, seulement celle-ci, à cause, reconnaissons-le, de certaines failles du gouvernement, en a profité pour jeter l’éponge et se dire que tout est perdu. Or tout démontre que cette jeunesse, en plus d’être formée, d’être instruite et constituant la majeure partie de la population, si elle s’engage, ne pourra qu’aider le Cameroun à mieux se porter. C’est pourquoi en dix-neuf chapitres je traite de certains comportements dont il faut se défaire pour peser notre poids, nous les jeunes, pour influencer et accompagner tous les gouvernements qui se succéderont et que peut-être certains d’entre nous formeront, et dans le dernier chapitre je propose justement des solutions pour changer la courbe de la destinée de notre pays. Dans le deuxième ouvrage, qui est un recueil de nouvelles, je parle de plusieurs thématiques liées à la construction d’un monde nouveau. Cela passe par les droits des minorités comme les personnes homosexuelles, la passion dans ce qu’on fait, le combat pour nos droits et nos libertés, l’intérêt à accorder au moment présent et l’ouverture d’esprit qui doivent aussi précéder les actes à poser pour bâtir le pays qu’on voudra laisser en héritage à nos enfants.

 

CIRICS : En tant que Camerounais, que pensez-vous de la diaspora camerounaise ?

G.N. : Parler de la diaspora camerounaise serait un peu vague, car elle est multiple, diversifiée et partout n’a pas les mêmes objectifs ni les mêmes visions. Mais je vais me prêter au jeu de donner mon opinion sur le sujet. Il faut d’abord noter que tous les pays sous-développés qui veulent voir exploser leur économie ou tout autre secteur ont besoin d’une implication et d’une intervention fortes de leur diaspora. La diaspora est donc essentielle et incontournable pour le développement d’un pays, et même pour accroitre sa suprématie. La France comme les Etats-Unis militent toujours pour l’existence d’une diaspora forte, parce qu’en plus d’être des ambassadeurs, ce sont des producteurs de richesses et des agents qui valorisent l’image de leur pays. Revenant donc au Cameroun, je crois que le rôle de la diaspora est un peu mitigé. Que ce soit le rôle que le gouvernement leur assigne ou celui qu’elle-même croit pouvoir jouer. J’avoue être un peu choqué quand je vois plusieurs Camerounais de diaspora ne réserver leurs dépenses que pour des deuils, des funérailles, ouvrir des boites de nuit, des snack-bars, mais encore qui y passent l’essentiel de leur temps une fois qu’il s retournent au pays. C’est assez désolant, mais on ne pourrait s’appuyer sur un tel constat pour étiqueter toute la diaspora. Il y en a qui paient des scolarités au Cameroun, sortent leurs familles de la misère ou encore ont de grands projets qui peuvent amener le pays à se démarquer sur la scène internationale. Certains ne sont pas toujours suivis ou accompagnés et ce qu’on gagnerait à faire c’est de donner à la diaspora qui a des investissements originaux des moyens de mettre sur pied leurs projets et des possibilités de facilitation de leur pérennité. Je pense donc qu’on a une diaspora dynamique dans l’ensemble, mais qu’il faut suivre et accompagner au niveau du pays.

 

CIRICS : Comment peut s’effectuer le transfert de technologie des pays développés vers le Cameroun par sa diaspora ?

G.N. : La réponse à cette question trouve ses principaux éléments dans la fin de mon propos précédent, à savoir accompagner et suivre cette diaspora. C’est le seul moyen de lui ouvrir les portes dont elle a besoin pour actualiser et concrétiser ses connaissances. Des Camerounais puissamment intelligents, inventifs et inventeurs, des qui font tourner des structures technologiques qu’on ne cite plus dans le monde, il y en a à profusion. Et parmi eux beaucoup veulent retourner dans leur pays, car j’en suis certain, c’est toujours un coup que prend l’orgueil de savoir que le pays dont on est originaire peut se vanter d’avoir un certain niveau de développement, et je pense que c’est le souhait de tous les Camerounais sinon de la plupart, d’œuvrer à ce qu’on parle en mieux de leur pays. Mais beaucoup, lorsqu’ils montent des projets et retournent au Cameroun, sont fauchés par deux éléments : la mauvaise volonté de certains fonctionnaires qui bloquent leurs projets, disons la chose comme elle est, la corruption de certains agents de l’Etat chargés d’accompagner ces enfants qui veulent apporter leurs pierres à l’édifice de notre Nation, mais aussi les populations, les familles, qui lorsqu’elles voient un enfant qui revient d’Europe, d’Amérique, ne lui demandent pas : quels projets tu as ramenés, mais plutôt : tu nous as gardé quoi. Et dans ce qu’elles attendent, il y a des parfums, des habits, des chaussures, des appareils technologiques, des friandises, de l’argent… En fait dans l’imagerie du peuple une personne qui revient de la diaspora est remplie d’argent et doit en jeter par les fenêtres pour éviter d’être traitée d’aigrie. Vous vous souvenez qu’après plus de trente ans d’exil, le célèbre écrivain Mongo Beti a connu de telles difficultés avec ses « frères » d’Akometan, son village natal. Revenu de France, il essaie de les convaincre de retourner dans les champs pour chacun avoir son autonomie et pour aider à leur niveau le pays en accélérant son autosuffisance alimentaire. Lui-même y est retourné et transformait même du bois, mais tous les habitants d’Akometan ne voulaient que de l’argent pour faire le beau ou entrer dans la Fonction publique. Seuls quelques-uns de ses cousins l’ont suivi dans cette aventure. Donc pour moi, ce transfert de technologie ne peut facilement et utilement se faire si on a des populations prêtes à s’engager avec ceux qui reviennent, et des administrateurs qui servent de facilitateurs.

 

CIRICS : Donc, vous partagez le point de vue de certains de la diaspora qui disent que lors de leur retour, ils sont confrontés à plusieurs problèmes…

G.N. : Effectivement ! Mais il faut nuancer de tels propos aussi, car beaucoup estiment souvent qu’en revenant de la diaspora ils ont droit à un traitement de faveur. On ne nie pas qu’ils viennent avec des connaissances ô combien utiles et importantes pour le pays, mais quelques fois il faut se plier aux textes de lois, et ne pas espérer que des faveurs doivent être prononcées spécialement pour certaines personnes, peu importe ce qu’elles apportent. Et d’ailleurs je crois qu’on ne donnera jamais assez à un pays qui nous a éduqués, et offert son espace pour nos premiers moments. Je serais même tenté de rejoindre la pensée fataliste de ceux qui pensent que si rien ne se fait par hasard, et plusieurs grands écrivains ont partagé cette hypothèse, ce n’est point par hasard que le Français est né en France, l’Italien en Italie, l’Allemand en Allemagne et le Camerounais au Cameroun. Certes on a des Camerounais qui peuvent prendre des nationalités étrangères ou occuper des fonctions administratives à l’étranger comme Paul N’gahane qui a été préfet en France, mais cela n’empêche qu’ils aient une pensée ou des projets pour le Cameroun. Cela dit, comme un Gaston Kelman, une Calixthe Beyala ou une Léonora Miano, beaucoup d’autres Camerounais ont des nationalités françaises mais sont investis à leur manière dans le développement du pays. Je ne parlerai pas seulement de la France. On connait Tony Smith aux Etats-Unis, Stéphanie Mbida, et plusieurs autres en Italie, en Allemagne ou partout ailleurs qui ont en idée de revenir, qui reviennent avec des projets. Donc, je crois que les Camerounais doivent savoir qu’ils doivent beaucoup à leur pays, mais cela ne donne pas le droit à certains de leur pourrir leur retour, nul n’étant plus Camerounais qu’un autre. Mais je ne pourrais ici vous énumérer les difficultés auxquelles font face ces génies qui reviennent, seuls ceux qui sont confrontés à certaines difficultés pourront mieux en parler que moi. Mais il est vrai que le retour est parfois très compliqué. Souvent parce qu’on une a société qui veut leur faire les poches au lieu de les soutenir, mais aussi un retour difficile à l’image de ce que nous a conté un célèbre écrivain Burkinabè dans son ouvrage, Le retour de Yembi. Il s’agit de Pierre-Claver Ilboudo.

 

CIRICS : Des conseils à donner à ceux de la diaspora qui veulent venir investir au Cameroun ?

G.N. : Des conseils ? Non, je suis mal placé pour leur en donner. Juste que si j’ai quelque chose à dire sur cette question, ce sera une proposition. Revenir n’est pas du tout facile, et souvent engage des fonds colossaux et très souvent les épargnes de toute une vie passée à se battre en Occident ou ailleurs. Alors, revenir investir cet argent, en plus du pays qu’on aide, des emplois qu’on crée et par conséquent des familles qu’on sort de l’ombre, c’est aussi un mieux être qu’on cherche et que tout le monde définit par : on est mieux que chez soi. Ce qui en soi n’est pas très faux, même si le chez soi c’est là où on nous respecte et considère notre point de vue. C’est pourquoi, pour éviter d’engager des sommes que certaines pratiques peuvent mettre à terre en un laps de temps, il vaut mieux prendre certaines précautions. Je vais illustrer mon propos pour faire plus simple. Imaginez une Camerounaise qui a travaillé toute sa vie en Italie par exemple. Elle a mis des économies de côté. Disons vingt mille euros, ce qui fait treize millions de francs CFA. Elle décide de retourner investir au Cameroun et établit un business plan sur quinze mille euros par exemple, pour avoir de quoi s’installer. Arrivée sur place, elle se rend compte que les choses n’étaient pas comme elle croyait. Tout le monde veut abuser d’elle, du personnel de l’administration jusqu’aux collaborateurs qu’elle se choisit. Elle se voit, pour légaliser des documents, éviter des tracasseries, en train d’éponger quelque cinq mille euros sur son fonds, et ensuite, voit son entreprise entre les mains des gens peu ambitieux qui veulent gagner plus parce que la promotrice du projet vient de chez les « Blancs ». Dans cette optique, elle verra ses économies bouffées, une vie d’épargne saccagée et un retour à la case départ pas évident à retenter. Ma vision des choses c’est qu’avant de venir investir, il faut mener des enquêtes, s’assurer que tout se passe dans la transparence, que la corruption n’a pas le maître mot, qu’il ne faudra pas payer les moindres services, et que les personnes dont on voudra s’entourer pourront autant que soi porter le projet, quitte à se serrer la ceinture les premiers moments, et être prêt à d’abord coordonner toutes les activités au début. Ne déléguer que si on certain de maitriser les contours capitaux du business. La plus brillante idée d’investissement ne pourra rien produire dans un système miné par la corruption, à moins que l’investisseur ne se prête lui aussi au jeu de la corruption. Ce qui rendra l’environnement plus complexe surtout pour ceux qui sont tournés vers le respect des valeurs républicaines. Donc, la diaspora doit d’abord voir si l’environnement est propice aux investissements, si on ne cherchera pas à abuser d’elle, sinon il ne servira à rien de venir perdre les économies de toute une vie. Le vrai combat auquel la diaspora devra se livrer ne sera pas de prime à bord celui de créer une technologie nouvelle, mais de se battre pour une mentalité nouvelle.

CIRICS : Quel apport social, selon-vous, la diaspora camerounaise doit-elle faire pour améliorer la manière de faire des Camerounais ?

G.N. : Cette question me plait assez, car elle rejoint une idée que j’ai développée dans mon essai, mon premier ouvrage, parlant de la diaspora et de la question de son retour. J’ai d’ailleurs intitulé le chapitre : La diaspora et le problème du non-retour. Mais revenons à plus important, votre question. Je parlerai, à la place de la manière de faire, de manière d’être. Car c’est elle qui conditionne la manière de faire. Et on ne pose des comportements qu’en fonctions d’une manière d’être. Et sans vouloir heurter les Camerounais qui vivent au pays, ils développent des lacunes comportementales qui doivent être les premières choses à changer. Je pense que vivre en Occident est une bonne chose car elle permet aux gens de se familiariser avec un style de vie propre au respect des droits humains, ce qu’il n’y a pas toujours chez nous. Je vous prends l’exemple des supermarchés où l’on prévoit des entrées pour handicapés, dans plusieurs pays occidentaux, le respect des handicapés va jusqu’aux amendes imposées à ceux qui ont par exemple garé sur un parking qui était réservé aux handicapés. Ça, on ne le retrouve pas chez nous. Les handicapés sont même considérés comme des sorciers, et c’est à peine si dans certaines classes des gens leur adressent la parole ou si dans des familles on ne les écarte pas des autres. Vous verrez aussi le cas de cet enfant disparu, enlevé, ou plus récemment du cas Théo violenté et terrorisé par des policiers. Immédiatement, pour tous ces cas, la population organise des comités pour marcher contre de tels injustices et abus. Mais souvenez-vous des meurtres qu’on a prêtés aux crimes rituels et ces corps qu’on a retrouvés à Yaoundé dans les quartiers de Mimboman et de Nkol-Bisson amputés de plusieurs parties. Personne pour manifester une certaine solidarité afin de soutenir les familles éplorées. Il vous souvient tout récemment le cas de ce monsieur qui a fait une tentative de suicide pour revendiquer le paiement de ses prestations à un établissement hôtelier. Que lui disaient les policiers censés négocier pour qu’il descende de l’immeuble où il s’était perché pour mettre fin à ses jours : « Saute, saute alors » lui lançaient-ils au vu et au su de tous, même de ceux qui filmaient. Je crois que les Camerounais de la diaspora pourraient nous aider dans cette optique de régler l’humanisation de notre société. Eduquer certains à plus d’humanité. L’Occident est en avance sur nous sur ce point. On donne de la valeur à tout ce qui touche à l’intégrité d’une personne. Il n’y a pas de lynchages, même si on va justifier cela par des actes de lâcheté de nos forces de l’ordre qui laissent libres des bandits. D’un autre côté, la diaspora peut aider les Camerounais à démythifier et démystifier l’image qu’ils ont des Blancs.

Vous remarquerez que pour peu qu’un Blanc vienne au Cameroun, il a droit a des traitements de faveurs, les autres le regardent de manière émerveillée parce qu’il est Blanc. Un enseignant nous disait même que lorsqu’on nous annonce un Noir pour un séminaire, les étudiants le boudent, mais quand le conférencier est Blanc, tout le monde prête une oreille attentive. Il y a aussi cette déification du Blanc qui fait que lorsqu’un Blanc mange du Koki par exemple, c’est tout le monde à Yaoundé qui va l’applaudir, s’il mange du Taro ou du Nkui, c’est plus grave, tout le monde filme et on met la vidéo sur les réseaux sociaux. Je me rappelle d’une photo qu’on m’avait envoyée, celle d’une Blanche qui portait une bassine d’eau à la tête. Je n’ai jamais vu des Blancs s’émerveiller de voir des Noirs au volant de grosses voitures, s’émerveiller parce qu’un Noir mange du Camemberg ou des Souchies dans un restaurant. Ça semble normal pour eux. Les Noirs au Cameroun s’extasient devant un Blanc qui parle l’ewondo mais ils regardent avec dédain un Noir qui parle couramment l’allemand ou l’italien. Tout comme ils n’ont pas fait circuler l’exploit de ce jeune homme, habitant à l’Est du pays qui avait appris le japonais en suivant un programme à la radio. L’ambassadeur même du Japon s’était déplacé, mais, malgré les présences des télévisions privées, seule la télévision nationale en avait parlé.

Donc la diaspora peut aider le pays aussi dans ce sens. Sensibiliser nos médias pour qu’ils respectent la sensibilité des téléspectateurs. On ne montre pas certaines images à la télé. On peut passer une information sans chercher pour autant à chaque fois le sensationnel. Ce rôle de la diaspora est plus important que tout : former des hommes et femmes qui sauront que le Blanc est un être humain comme le Noir. Les Camerounais de la diaspora pourront renseigner leurs frères en leur disant qu’ils ont fréquenté dans des universités des Blancs, étaient souvent meilleurs qu’eux, les captivaient et que ces Blancs les respectaient par rapport à leurs performances et ne mettaient pas l’accent que sur leur membre viril. Le mythe du Noir au gros sexe doit être remplacé par le Noir au cerveau imbattable et les Camerounais de la diaspora doivent réussir ce pari. Je pense même qu’ils sont comme nos anciens combattants qui doivent revenir dire à ceux qui sont restés : l’homme blanc est comme nous. Il défèque comme nous, ses flatulences ne sentent pas le Kouros d’Yves Saint Laurent, il pleure pour les mêmes raisons que nous, a des rêves comme nous, se bat pour son quotidien comme nous, connait des échecs comme nous, et des fois est plus pauvre que nous. Cela, non pour faire croire qu’il y aurait supériorité entre les races, mais que toutes se valent, et qu’on cesse de regarder, ce qui est encore le cas, les Blancs, ou ceux qui viennent de chez eux comme des surhommes.

 

CIRICS : Pour finir, selon ce que vous dites, une diaspora est donc indispensable pour le Cameroun ?

G.N. : Et pour tout pays ! Il vous souvient que les principales idées de Révolution qui ont transformé la France venaient de sa diaspora. Les Voltaire, Montesquieu ont pris les meilleures notions du progrès qu’ils ont proposées à la France dans tous les pays où ils s’étaient exilés. Le rôle d’une diaspora pour un pays n’est plus à démontrer depuis les temps. Et pour le cas du Cameroun, je ne pense pas qu’une diaspora soit indispensable, mais obligatoire. On ne peut se passer d’elle et on ne peut rien construire sans elle. C’est inenvisageable. Donc, je le réitère pour tout réussir, depuis le plan social jusqu’au plan infrastructurel, nous devons compter avec notre diaspora. Vous allez peut-être croire que je suis excessif, mais sincèrement, et cela n’engage que moi, je pense que la diaspora est notre plus grand atout.

CIRICS : Nous vous remercions d’avoir accepté cette entrevue

G.N. : C’est moi qui ai eu du plaisir à partager mes idées sur votre tribune.

Interview réalisé par Kevin Dango Tchoupe

CIRICS - 2017