Entretien avec la créatrice de mode Gisfab

Entretien avec la créatrice de mode Gisfab

Grâce aux différents défilés organisés en Italie et dans le monde, notamment celui organisé par l’AFAA (African and Friends Association Ancona), le CIRICS a eu le bonheur de découvrir les créations de Claudia Gisèle Ntsama, une des exposantes de ce défilé. Claudia se construit déjà une feuille de route à travers les différentes tenues qu’elle dessine puis les confectionne. Gisèle est le dessin d’une styliste hors pair qui a la grâce d’habiller une clientèle prestigieuse soucieuse de son apparence.

 

1) Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur la marque GISFAB et sa créatrice ?

Notamment ce choix étonnant de réaliser ses créations à partir du tissus Africains.

Déjà je vous remercie de m’avoir donné un espace dans votre tribune pour vous parler de moi. Je suis Ntsama Gisèle Claudia, étudiante à l’Académie des Beaux-Arts de Bologne (Italie), première année master en formation de stylisme. GISFAB est le nom de ma marque qui se réfère aux idées innovatrices en ce qui concerne la mode, le style vestimentaire hommes comme femmes.

2) Pourquoi avoir choisi de faire la mode et d’y entreprendre ?

J’ai commencé à m’intéresser au dessin depuis toute petite. Et déjà avant de partir du Cameroun j’ai fait un parcours dans des instituts techniques dont j’ai pu obtenir mon BT (Brevet des Techniciens). Je n’ai pas choisi d’entreprendre dans la mode car pour moi c’est tout naturel, je le considère comme mon métier dont il faut pousser plus loin surtout ayant beaucoup d’amour pour ce dernier et une grande passion pour l’entreprenariat féminin. J’ai aussi été flattée par le style italien, leur niveau de créativité est juste incroyable et je me suis dit que je devrai apporter une touche personnelle en jumelant la mode africaine et celle des autres continents.

J’aimerai rajouter ceci, l’art dont la mode en fait partie est un métier de patience, car c’est un milieu rempli de pleins de talents, de concurrence, d’échecs, il faut savoir amener le public à aimer ton style, à s’habituer à ton style, la mode c’est d’abord l’investissement, je dirai même un très grand investissement qui serai rémunéré des années bien après et c’est à ce niveau qu’on appelle souvent « avoir du succès » .

 

3) Avez-vous des clients de toutes les couches sociales ?

Ma clientèle vient de tous les milieux, mes clients dans sa grande majorité sont des personnes de la classe moyenne qui ont besoin de mes différents services.

4) Vous vous considérez couturier, ou créateur de mode?

Je me considère plus comme une créatrice bien vraie que j’aime la couture et sachant aussi coudre, pour l’instant je joins les deux rôles. Le designer est celui-là qui fait des recherches de la base jusqu’à ce qu’il réussisse à créer une collection cohérente en fonction de la tendance; c’est aussi celui-là qui transforme n’importe quel vulgaire tenue en une œuvre d’art admirable tandis que le couturier travaille pour satisfaire les besoins et mettre en valeur ses clients.

5) On entend souvent qu’il est difficile de créer quand on est femme que pensez-vous ?

Tout d’abord je dirai le rôle majeur que les femmes jouent dans l'économie n'est plus à démontrer. 

Selon moi c’est la femme noire qui le pense qu’il est difficile d’inventer, de créer. Ici je fais référence à la femme africaine, en dépit de la place centrale qu’elles occupent au sein de la famille et la société, les femmes africaines demeurent les principales victimes de la pauvreté. Mais de nos jours c’est plus vraiment le cas, seules les paresseuses donneront toujours des raisons pour se justifier du pourquoi elles ne créent pas des idées, des projets. Certes il y’en a qui ont des idées de créer mais ne possèdent pas de moyens financiers par manque de microcrédit qui dès lors constitue un grave problème de financement rencontrés par les femmes qui souhaitent entreprendre, je pense que les gouvernements Africains doivent créer des ponts entre les porteurs de projets et les banques, et favoriser toutes les initiatives qui vont dans ce sens. Et aussi je pense qu’aujourd’hui les hommes préfèrent épouser les femmes ambitieuses. (rire)

6) Quel conseil pour la jeune femme Africaine qui voudrait entreprendre ?

Comme conseil à toute jeune fille, je dirai sois ambitieuse et loyale dans tout ce que tu entreprendras, chacun de nous a une passion, et cette passion doit être mise en pratique, pour qu’elle ne reste pas juste en pensée, en idée, de nos jours l’Afrique a besoin des femmes vaillantes, des femmes braves, des femmes qui ne dorment pas sous leurs oreillers et attendent tout de l’homme. La femme est la mère de l’humanité, même dans un foyer conjugal, c’est la femme qui fait le succès de son foyer, nous savons tous que tout ce que l’homme prend comme décision en public c’est la femme qui appuie derrière.

 

7) En trois mots, qu’est-ce que la mode ?

«Art, le style et la beauté»

 

8) Pour finir, pour vous, c’est quoi le bonheur ?

« Le chemin qui mène au bonheur est propre à chacun. Je pense qu’il faut apprendre à aimer la vie. C’est la clé pour accéder au bonheur…et le bonheur est la clé pour réussir sa vie »

Interview réalisé par Kevin Dango Tchoupe

CIRICS