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Interview a Ndamnsah Blaise Nkfunkoh

Après la visite du président Paul Biya en mars dernier en Italie, le CIRICS est allé à la rencontre de Blaise Nkfunkoh Ndamnsah, jeune camerounais né en 1976 à Nkambè dans la région du Nord-ouest. C'est à l’école catholique de Bayelle à Bamenda que blaise son parcours primaire et celui secondaire il le fait entre le collège St Bede’s de Kom, et le PCHS de Mankon tous les deux situés dans la ville de Bamenda. Après un parcours très riche au secondaire, Blaise va faire une année à l’université de Buea. Ensuite, passionné par la coopération internationale, il va poursuivre ses études sous d’autres cieux.

Actuellement, Blaise est un chercheur en sciences sociales et il vit en Italie avec sa charmante épouse qui lui a fait deux enfants.

 

1.      Votre parcours scolaire, professionnel et associatif en Italie 

J’ai une licence en programmation et technologie de l’information de la Eastern Mediterranean University et un Master en International Peace Operator obtenu auprès de l’institut International de Sociologie de l’université de Trieste. Parallèlement à mes études de sociologie j’ai suivi une formation professionnelle pour devenir médiateur Inter-culturel dans le secteur de la protection internationale et de l’immigration. Suite à cela j’ai commencé à travailler dans le centre CARA, centre d’accueil pour demandeurs de Protection internationale dans le Nord-est de l’Italie. J’ai aussi travaillé avec la commission territoriale pour la reconnaissance du droit de réfugié selon la Convention internationale de Genève sur le statut des réfugiés.

Depuis 2007 je suis Président de l’ANOLF de Gorizia et représentant légal du bureau immigration de la CISL de la Province de Gorizia. Je suis membre de nombreuses autres associations telles que la CISL, la Fisascat CISL, il Security and Defense Research Center de Gorizia dont je suis aussi le vice-président et l’association Euroafricando pour ne citer que quelques-unes, et je collabore avec beaucoup d’autres associations encore pour créer des ponts entre les cultures et les peuples de divers horizons. Je suis fermement convaincu que tout individu peut faire la différence pour sa communauté s’il est en mesure de tisser avec ses semblables des relations sociales basées sur le respect des différences et sur la valorisation des atouts des uns et des autres. C’est ce que j’essaye de mettre en pratique tous les jours.

Actuellement je suis un candidat de doctorat à l’université de Ljubljana en Slovénie en études stratégiques et je participe à de nombreux colloques en qualité de visiteurs auprès d’universités européennes. Je traite des thèmes concernant la protection internationale, la gestion des conflits, le peace keeping, CIMIC (civil Military cooperation), SSR (Security Secteur Reform) etc.

 

2.      Parlez-nous de la diaspora camerounaise en Italie et son rôle dans le développement du Cameroun.

Bien que la communauté Camerounaise en Italie ne soit pas trop nombreuse c’est la plus grande communauté d’étudiants étrangers en Italie. Cela pourrait offrir à notre pays un atout inestimable et une longueur d’avance sur les autres pays africains si seulement on assistait à un mouvement de retour. Je crois que les camerounais pourraient donner leur contribution décisive dans tous les domaines de la vie sociale et économique et devenir ainsi de véritables ambassadeurs de leur pays en Italie. A mon avis, les camerounais de la diaspora ne s’impliquent pas beaucoup dans les initiatives et les projets de coopération vers le Cameroun, parce que simplement beaucoup associe la coopération au développement à l’idée d’un retour qu’ils n’envisagent pas dans l’immédiat vu que beaucoup sont encore jeunes. Je crois que nous pouvons faire des choses absolument remarquables en portant des projets de coopération dans le domaine de la santé, de l’éducation, de l’agriculture. Nous devons nous atteler pour ceux qui s’intéressent à ce domaine afin d’encourager les autres et de créer un forum de partage d’idées pour devenir des moteurs du développement que nous espérons pour notre pays.

3.      Vous avez participé à plusieurs conférences sur le développement du monde des affaires entre le Cameroun et l’Italie. Quelles propositions apportez-vous pour rendre cet environnement des affaires plus attractif?

Je crois que les camerounais doivent croire davantage en leur capacités, nous avons du talent et du génie et nous devons y croire un peu plus chacun à son niveau. Quand je parle avec beaucoup de mes compatriotes je sens que nous attendons encore des miracles de l’extérieur. Le Cameroun et les camerounais ont tout pour plaire et nous devons y croire.

Pour les investisseurs étrangers il est quelque fois difficile de trouver toutes les informations nécessaires pour une bonne analyse de marché au Cameroun. Je crois que nous devons travailler pour améliorer cet aspect. Créer des agences publiques et privées qui facilitent et qui informent en temps utile tous ceux qui veulent investir chez nous.

Une autre proposition pourrait être la levée des droits de douanes sur les produits hi -Tech, et sur les matériaux dans certains domaines tels que le secteur des énergies renouvelables, des constructions, et de l’agriculture. Il serait très rentable pour les opérateurs économiques que les procédures portuaires soient simplifiées et qu’elles soient mises en ligne pour permettre un facile accès et consultation.

4) Vous venez justement de participer à la visite du chef de l'état Paul Biya en Italie qui s’est tenu en mars dernier. Qu’est-ce que vous retenez de cette visite ?

Cette visite a témoigné de l’excellence des relations entre le Cameroun et l’Italie. Je suis personnellement très content d’avoir pu prendre part à une série d’activité qui a honoré mon pays. J’espère que la visite du Président Biya puisse faire avancer certains dossiers stratégiques pour le Cameroun et que le canal privilégié d’interlocution entre la diaspora et les institutions camerounaises qui est en train d’être mis en place puisse offrir un regain de dynamisme à nos activités. Je sais que beaucoup de choses sont en train d’être faites dans ce sens, et j’espère que nous puissions voir les résultats dans le cours terme.

5) Quels sont vos projets pour le futur ?

J’ai beaucoup de projets pour le futur. Je suis en train de travailler sur d’importants projets de coopération que j’espère pourront voir le jour très bientôt. Je continue de travailler pour mettre ensemble mes compatriotes, je crois qu’unis nous sommes plus forts et qu’ensemble nous sommes le Cameroun.

Interview réalisé par Kevin Dango Tchoupe

CIRICS

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