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ASSADIO ASSADIO

Interview à ASSADIO ASSADIO

CIRICS : Bonjour, comment vous présenteriez-vous à nos lecteurs? Racontez-nous votre parcours.

ASSADIO ASSADIO : Je me nomme Assadio Assadio, né dans l’arrondissement de Penka-Michel, département de la Menoua, Région de l’Ouest Cameroun.

Je me suis transféré en Italie en Aout 2003, notamment à Vercelli, ville située à cheval entre Turin et Milan, dans  la Région du Piémont. J’ai été admis à l’Université « Amedeo Avogadro » en Facultés de Lettres et Sciences Humaines, filière de Langues pour les Rapports Internationaux, Institutionnels et d’Entreprises.

En 2005/2006 j’ai été admis en mobilité à l’Université de Nottingham en Angleterre, notamment dans 3 écoles: l’Ecole Américaine et Canadienne, l’Ecole des Sciences Politiques et Relations internationales, l’Ecole des Langues Etrangères. En 2008, j’ai obtenu la Laurea Magistrale en Langues Etrangères pour la Communication Internationale. En 2010 j’ai obtenu un Master en Traduction Juridique et Administrative auprès l’Agence Européenne « TuttoEuropa » de l’Ecole Supérieure de la Médiation Linguistique de Turin. Depuis là, JOURNALISME-MEDIATION-TRADUCTION-ENSEIGNEMENT-ACTIVITES DE SERVICES ON-LINE, voilà mon domaine de définition.

Ce que vous pouvez appeler « succès » a été entièrement conditionné par mes origines familiales. J’avais du talent et de la passion pour deux choses : le journalisme et la maitrise des langues étrangères. Je m’y suis très tôt accroché et je voulais devenir soit l’un soit l’autre soit les deux. Je suis devenu les deux, même si le premier m’avait plus fasciné.

Mes parents nous avaient très tôt inculqué l’idée selon laquelle on peut être né pauvre mais à force de travailler,  d’avoir des idées et de chercher vite à les mettre en pratique, cela peut changer les conditions de vie d’un individu, d’une famille et de tout un peuple. C’est pour cela que dès la classe de Seconde au Lycée de Dschang j’avais choisi deux activités post et périscolaires : faire les répétions des langues étrangères et pratiquer le journalisme amateur pour plutard en devenir un professionnel. A la fin du mois, alors que je suis encore en classe de Seconde, mon défunt frère ainé et moi, lui en série C mathématiques et moi en langues, réunissions 30000 CFA toutes les fins du mois, et je suis très tôt devenu autonome. Quelques années après, la baisse drastique des salaires et la dévaluation du CFA vont me mettre à nouveau en difficulté, mais j’avais déjà commencé à découvrir les vertus des langues et de la vie autonome.

Après mon Baccalauréat, je me suis inscrit à l’université de Dschang en Faculté des Lettres et Sciences Humaines, filière Trilingue Français-Anglais-Espagnol, puis Italien.

La situation économique devient subitement pressante et ne joue plus du tout en ma faveur. La force du besoin, la souffrance, la responsabilité de m’occuper de mes petits frère et sœurs, les conseils de mes enseignants et tuteurs/nourrices, tout cela m’avait poussé à créer l’English CLUB, une rencontre de cours d’anglais pour jeunes pré-adolescents (6ème-seconde). Un mois seulement après j’étais en mesure de payer mon loyer et de ravitailler mon armoire de nourriture. J’étais brillant en journalisme scolaire et estudiantine, et cela avait attiré la sympathie des autorités scolaires et administratives. Beaucoup m’avaient confié leurs enfants pour la formation au bilinguisme français-anglais et cela m’avait permis de financer mes études jusqu’en Licence Trilingue Italien-Anglais-Français, puis en Master de langue Anglaise, puis en DEA de langue anglaise à l’Université de Yaoundé I, un DEA que j’abandonne pour venir en Italie recommencer mes études en première année universitaire, par pure pragmatisme. Je savais ce que je voulais.

Je suis Président du CLIRAP (Cercle Culturel pour la Promotion des Langues, la Développement et la Paix), une association internationale dont le but est de lutter contre l’émigration clandestine des jeunes africains vers l’Europe, tout en les encourageant à se former dans les universités européennes en particulier italiennes, et Asiatiques en notamment en Chine. Je suis également Responsable de Assadiocheapcall, une société de vente des crédits d’appels téléphoniques et de services de pointe on-line en faveur de la Diaspora camerounaise d’Italie et des familles camerounaises résidents au Cameroun.

Le CLIRAP voit le jour en 2006 (c’est l’occasion pour moi d’annoncer ici la célébration cette année ses 10 ans d’existence), alors que je viens de conclure le premier cycle de Laurea à l’Université du Piemont Oriental « Amedeo Avogadro » à Vercelli.

En 2006, dans un élan de curiosité au Polytechnique de Turin, je découvre que cette prestigieuse école d’ingénierie est pleine de chinois, de brésiliens, d’indiens, bref, une grande école pleine de ressortissants des pays hors Union européenne, mais très peu d’africains, en particulier des camerounais. Je me sens choqué. J’ai le « macabo » de la situation!

Il fallait faire quelque chose et voilà que, immédiatement après l’obtention de ma Laurea Triennale (La Licence de trois ans), j’atterris au Cameroun avec dans mes valises le projet CLIRAP, déjà rédigé et tout prêt : enseignement des langues en particulier l’italien,  ensuite l’allemand, l’espagnol et le chinois ; traduction ;  organisation des conférences sur l’orientation et l’intégration des camerounais à l’étranger, choix des filières stratégiques pour l’Afrique, diffusion des valeurs culturelles et même patriotiques de notre pays (Il faut étudier et rentrer car un pays qui laisse partir tous ces cerveaux sans espoir de retour est voué à l’échec même si on ne peut le constater dans le présent). Le CLIRAP a à son actif plus de 1500 Camerounais inscrits ou diplômés des universités italiennes, et près de 30 camerounais inscrits dans les universités chinoises. Déjà présent dans trois villes du Cameroun (Yaoundé, Douala et Dschang), nous sommes aujourd’hui implantés au Togo-laboratoire de l’internationalisation du CLIRAP, au Ghana et   je viens d’inaugurer CLIRAP Abidjan en Côte d’ivoire.

Nos initiatives au Cameroun et en Italie permettent désormais aux camerounais:

  • De s’informer facilement et faire étudier un de leurs proches dans une université italienne de façon légale. Ceci a considérablement dissuadé les jeunes camerounais de prendre le chemin de la mer où ils pourraient laisser leurs vies.  C’est ici l’occasion pour moi de féliciter et remercier l’Ambassade d’Italie au Cameroun (Qui selon moi est actuellement la meilleure représentation diplomatique italienne dans le monde) d’avoir collaboré de façon sincère à l’aboutissement des résultats jusqu’ici enregistrés.    
  • Grace aux services du CLIRAP les camerounais d’Italie peuvent tranquillement faire suivre la procédure de légalisation de leurs documents à l’Ambassade d’Italie au Cameroun
  • Grace à mes services les investisseurs italiens pourront faire traduire et Légaliser leurs documents aussi bien auprès des autorités diplomatiques italiennes qu’auprès de l’administration camerounaise
  • Grace à mes services les étudiants camerounais d’Italie n’ont plus de soucis pour faire traduire et reconnaitre leurs diplômes lorsqu’ils veulent soit retourner au Cameroun, soit s’émigrer vers d’autres pays francophones ou anglo-saxons pour des raisons d’études.

Le CLIRAP pense donc qu’on ne peut pas développer une Afrique sans les africains, ou encore l’Afrique ne saurait parler fort quand les africains se trouvent plutôt en périphérie dans la prise des décisions qui regardent le futur de leur continent. C’est pour cela que pendant et après la formation en langue, nous encourageons fortement nos étudiants à choisir les filières plutôt stratégiques pour l’Afrique. Par exemple, c’est pas un français ou un chinois qui doit découvrir le pétrole du Cameroun, ou l’or dans un sous-sol ghanéen, ou le phosphate au Togo. Ce sont les africains dotés donc des connaissances scientifiques qui doivent le faire, avant de faire appel aux partenaires pour l’exploitation des ressources dans le strict respect de l’environnement et du gagnant-gagnant, sans prétention ni complexe. Agriculture et technologie agroalimentaire, environnement, énergies renouvelables, chimie et technologie pharmaceutique, architecture, planification urbaine ect,  voilà ce que le CLIRAP essaye d’inculquer dans le mental des jeunes.

Puis, ASSADIOCHEAPCALL, un start-up qui est en train de faire son bout de chemin.

Pour le lancer, j’ai dû intercepter les besoins de la Diaspora camerounaise d’Italie en matière de communication par téléphone, d’offre de service de pointe, mais aussi ceux exprimés par de nombreuses familles camerounaises résidents au Cameroun, qui voudraient bien maintenir des rapports étroites avec les leurs en Italie. Avec des ingénieurs Camerounais diplômés des grande école d’Europe et du Cameroun, j’ai pu créer un véritable  trait-d ’union entre le Cameroun et l’Italie/la diaspora en général :

  • Grace à Assadiocheapcall les camerounais d’Italie (d’Europe) peuvent désormais appeler le Cameroun à bas prix, je dis bien à très bas prix, par rapport aux autres compagnies de la téléphonie. Nous faisons épargner à chaque camerounais au moins 25% par minute d’appel vers le Cameroun; je rappelle ici qu’il y a pas meilleur option en matière de cout d’appel de d’Italie vers le Cameroun en dehors de nous, que ce soit clair!
  • Grace à Assadiocheapcall les camerounais d’Italie peuvent désormais transférer les crédits d’appel à leurs familles et connaissances restées au Cameroun; les camerounais d’Italie pourront désormais transférer de l’argent au Cameroun à un coût très bas, charger les crédits de connexion internet au Cameroun, payer les factures d’électricité au Cameroun, acheter les médicaments dans les pharmacies au Cameroun, les tickets de transport dans les agences de voyages au Cameroun, etc.

Vous voyez donc que nous sommes là pour entreprendre des actions qui auront /ont un impact immédiat et direct sur la vie des camerounais/africains vivant en Italie/Europe ou au Cameroun.

CIRICS : Quels conseils donneriez-vous aux jeunes Camerounais et quelles sont les perspectives qui pourraient être souhaitées après l'établissement de rapports solides entre l'Italie et le Cameroun, et encore plus entre l'Italie et la communauté camerounaise ?

ASSADIO ASSADIO : De comprendre que Facebook et la toile, c’est juste des instruments qui accompagnent des actions sur le terrain. On ne saurait changer un pays ou une communauté devant un clavier. Il faut agir et rapidement. Il faut consommer moins d’alcool et plutôt chercher à en fabriquer pour vendre, à partir de la matière première qu’il faut déjà chercher à produire à l’échelle industrielle en Afrique.  De ne pas considérer comme modèle de réussite ce que je peux appeler le « salarisme » qui n’est pas différent de l’esclavagisme, mais de réfléchir sur comment se créer un emploi après les études, même si les débuts seront difficiles, et même si les moyens seront réduits.  De copier l’exemple sur Nord de l’Italie donc la richesse est basée sur l’initiative privée et la constante recherche de la création des richesses. D’abandonner la consommation effrénée pour plutôt embrasser la production et la commercialisation.  Il faut oser !  Il faut chercher déjà à apprécier de tout cœur ceux qui osent, ceux qui se distinguent (même avec leurs erreurs) de par leur esprit de créativité et d’innovation.  Choix, passion, erreurs, correction des erreurs, efficacité, persévérance voilà les mots clés !! 

Il faut chercher à préserver son identité, et surtout ne pas abandonner ses racines pour vouloir embrasser celles des autres, c’est là le début de l’échec! Quand j’achète un boubou à Cotonou ou Lomé, ou une paire de Samara à Garoua, je sens que j’ai aidé un artisan africain quelque part, et là je peux les mettre avec la plus grande fierté de ce monde. 

Enfin, une faveur : que les jeunes filles africaines arrêtent de croire que le teint rouge ou les cheveux des brésiliennes ou indiennes mortes, sont la voie royale vers le respect ou l’admiration. C’est totalement faux ! La beauté africaine est naturelle e naturellement succulente et dès lors qu’elle est importée ou hybridée, elle perd toute sa saveur, et ça, même la fascinante artiste musicienne Charlotte Dipanda l’a déclaré plusieurs fois. Si on bloque la vente des mèches en Afrique noire, nos filles pourront réfléchir 02 fois. Elles seront poussées dans les laboratoires pour mener des recherches qui aboutiront à la transformation des produits locaux capables d’allonger leur cheveux, si elle veulent à tout prix ressembler à la race blanche ou indienne ou brésilienne ! Vous imaginez combien d’emplois cela pourra créer ? Des milliers,  j’en suis persuadé !

Les perspectives entre l’Italie et Cameroun par rapport à nos actions ne pourront qu’être en termes de larges opportunités pour tous. Les deux pays seront ainsi un exemple de coopération au-devant de laquelle un seul instrument de pilotage : les jeunes dynamiques et soucieux de l’avenir de leur pays et de leur continent.

CIRICS : Merci pour votre disponibilité

ASSADIO ASSADIO: Le plaisir est le mien, et je souhaite bon vent à cette plate-forme de communication CIRICS, innovante et toute première en son genre en Italie au profit des Camerounais et Italiens.

 

Contacts de ASSADIO ASSADIO :

Les sites : www.assadio.com ; www.assadiocheapcall.com ; www.clirap.org

Les Mails : assadioitalia@yahoo.it ; clirap2006@yahoo.it

Telephone : Italie : 0039 3480372548; Cameroun 00237 696648536 Togo:  00228 92561281 Cote d’Ivoire  00225 44791720 

Les CLIRAP :

- CLIRAP Yaoundé : clirap.traduzioni@yahoo.it   - Tel : 00237 699298564

- CLIRAP Douala : clirapdouala@yahoo.it  - Tel 00237 99210116

- CLIRAP Dschang : clirapdschang@yahoo.it  - Tel.

- CLIRAP Lomé : cliraptogo@yahoo.it  - Tel : 00228 92561281

- CLIRAP Abidjan :  clirapabidjan@yahoo.it  - Tel : 00225 44791720   

 

© 2016 CIRICS, Linda Ndam

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